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 Entre chair et sang [pv Dehlia]

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MessageSujet: Entre chair et sang [pv Dehlia]   Dim 13 Nov - 22:52

Je reste un moment à contempler la carcasse de bœuf qui se balance doucement à son crochet. Ce n'est pas souvent que je reçois d'aussi belles bêtes que ce taurillon : il m'a donné du fil à retordre et j'ai dû m'y prendre à plusieurs fois pour l'estourbir et le saigner. Quel flot ! L'arrière-cour en est encore rutilante. Il m'a fallu des heures pour l'écorcher proprement et le débiter en pièces, dont ces steaks finement coupés dont les cow-boys raffolent et dont je tire un bon prix. Du taureau, il ne reste guère que la colonne vertébrale et des morceaux d'os tranchés dans tout mon atelier. C'est fou – et terriblement excitant – de voir le peu qu'il peut rester d'un animal bien vivant.
Je rassemble les restes dans quelques seaux crasseux que je pousse dans un coin sous une bâche avant d'entreprendre le nettoyage de la place. La journée est déjà bien avancée mais je ne laisse jamais une tâche inachevée. Que cela consiste à récurer les sols...ou à autre chose de moins prosaïque, d'ailleurs. Je passe encore une heure à laver le sol de terre battue où le sang s'est infiltré pendant dix ans, lui laissant une teinte d'un brun rougeâtre, puis mon établis et mes instruments, que j'affûte avec soin. Je roule la peau du taurillon avant d'aller l'étendre derrière ma boutique, invisible de la rue et exposée à l'air frais : un tel cuir pourrait me rapporter une jolie somme ou bien me servir à confectionner toutes sortes de choses...un ceinturon par exemple...

J'abandonne mon arrière-boutique pour monter à l'étage de ma demeure, ce bâtiment longiligne, coincé entre deux maisons sans y être collé et donnant, à l'arrière, sur un vaste corral et une étroite bande de terre labourée. C'est là, à l'étage, que j'ai aménagé une vaste pièce en cuisine, ma chambre – un terme pompeux mais je n'en vois pas d'autre – étant disposée au-dessus de la boutique, séparée de la toiture par une bonne épaisseur de paille. Pas besoin d'horloge pour savoir qu'il est bientôt neuf heures du soir : le soleil rougit l'horizon et plonge la cuisine dans des lueurs d'incendie, faisant écho à l'allumette qui embrase ma cuisinière. Je reste un moment à tourner une cuillère dans ma pitance fumante, l'esprit ailleurs et pour une fois vide de pensées. Quand enfin le plat de haricots au lard est chaud – je n'ai jamais été un as en cuisine et de toute manière, on ne fait rien de mieux qu'un bon morceau de viande – je verse le tout dans une assiette avant de redescendre sur le perron et de m'installer dans une vieille chaise mal paillée. Renversé contre le mur de ma boucherie close, débarrassé de mon tablier sanglant mais pas de mes couteaux oscillants sous mon gilet, l'assiette posée sur mes genoux, allumant tranquillement ma pipe dans la fraîcheur du soir.

Au début de mon arrivée ici, la boucherie était un bâtiment isolé, à l'abandon après que son bâtisseur et propriétaire se soit fait descendre. Maintenant, je suis au cœur de la ville, dans une position idéale. L'œil et la main de Saint-Elmo, sa corne d'abondance aussi. Et son bras armé. Je reste ainsi un moment, la tête renversée en arrière, soufflant des ronds de fumée vers le ciel assombri où commencent à s'allumer quelques étoiles. Depuis quelques temps, la vie est tranquille dans le patelin. Rien de plus que les règlements de compte habituels ; le seul sang que j'ai versé vient de mes bêtes – autant dire que l'ennui commence à poindre. Il est bien loin le temps où cela m'excitait de tuer d'innocents chats errants. Avec l'âge, j'ai appris à donner un autre visage à mes pulsions, mais elles sont toujours là. Et ce soir, elles me font rêvasser sur le porche de ma boutique. Je caresse pensivement le manche d'un de mes couteaux. Il est temps que j'aille voir les filles de Miss Bee.

Apparemment, je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée. Après la fraîcheur du soir, la pièce principale du Green House est presque étouffante. Confinée, les fenêtres masquées par d'épaisses tentures et seulement éclairée par une multitude de lampes rougeoyantes, et surtout, déjà remplie de poivrots et de clients. Certains sifflent leur verre accoudés au bar, d'autres sont assis sur des banquettes dans un coin d'ombre, une fille sur les genoux. Je remonte lentement la pièce vers le comptoir tout en retroussant mes manches, le regard se posant tour à tour sur chacun des couples ou des ivrognes. Je croise le regard de quelques-unes des filles qui, bien qu'occupées, relèvent la tête au bruit de mes bottes sur le parquet. Avec plaisir et colère à la fois, je lis dans leurs yeux le soulagement d'être déjà prises avec un autre type – bourré ou violent, mais pas moi. Je m'adosse au bar, commandant un whisky tout en continuant à observer l'endroit avec attention. Les lumières tamisées étirent les ombres, les miroirs renvoient les images des couples enlacés ; tout l'endroit résonne des plaisanteries et des rires étouffés des filles. Celle que je veux n'est pas là. Je sens une rage sourde me tordre le ventre.
Emily Brown. Pourquoi plus elle qu'une autre ? Je n'en sais rien. Elle est jeune, fragile. Déterminée. Terrifiée, surtout. Mais obéissante. Elle me craint comme la peste. Elle s'est pris quelques raclées, les jours où elle n'a pas su me satisfaire. Il faut pourtant avouer qu'elle s'acquitte bien de sa tâche. Et merde, au moment où j'avais le plus besoin d'elle, il faut qu'elle soit aller faire la culbute avec un autre ! Le doc, peut-être...
Je repose brutalement mon verre vide sur le comptoir, furieux. Mon regard tombe alors sur une silhouette qui vient de faire son apparition. Celle d'une jeune femme aux longs cheveux bruns et à la peau pâle, seule. Dehlia James. Un sourire sauvage passe fugacement sur mes lèvres. J'ai passé quelques nuits avec elle, il y a longtemps. L'ancienne favorite de Bullock, une fille de Louisiane, qui garde l'accent des Cajuns. Beaucoup de blagues salaces circulent à son sujet depuis qu'elle a tué un de ses clients de sang-froid. Parfait. Il n'en faudra pas moins pour apaiser ma frustration. Reste à savoir si elle pourra calmer mes désirs tortueux.
Je m'approche d'elle en silence. Absorbée par la contemplation de la pièce, elle ne m'entend pas arriver. Je pose ma main sur sa nuque dégagée et je serre légèrement les doigts, un peu vivement mais sans lui faire de mal. Pour le simple plaisir de sentir ses vertèbres au creux de ma paume, si proches...

- Miss Dehlia James... je glisse ironiquement à son oreille.

[j'espère que ça te va comme entrée en matière ??]
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MessageSujet: Re: Entre chair et sang [pv Dehlia]   Lun 14 Nov - 17:54

[Héhé, c'est parfait. Very Happy]

Dehlia avait passé la journée à dormir dans ce qui lui faisait office d'appartement. Lorsque le soleil commençait à montrer des signes de faiblesse, elle sut qu'il était temps pour elle de reprendre le travail. C'est avec peu d'entrain et un soupir las que la jeune femme se revêtit de ses habits du soir et coiffa ses cheveux. Devant le miroir, elle n'arrivait plus à sourire à son reflet, comme elle le faisait enfant. Elle se regardait sans se voir, monotone, indifférente.

Une fois prête, Dehlia se dirigea à grand pas vers le bordel, évitant les ruelles déjà trop sombres et les hommes cherchant querelle. Elle entra par une porte arrière, destinée aux filles du Green House, la patronne ou encore le Doc'. A peine eut-elle passée la porte qu'elle se sentit aussitôt assaillie par la chaleur ambiante de l'endroit. Le plancher craquait à intervalle régulier au-dessus de sa tête mais ce bruit ne pouvait être entendu que par une oreille avertie car il était recouvert par les fortes voix des clients éméchés et des filles couinant sur les canapés. Retenant son souffle, Dehlia prit la direction de l'entrée principale, où elle attendrait son prochain client.

Coucher avec les hommes de Saint Elmo était une loterie dont on sortait souvent perdant. Dehlia espérait simplement que cette nuit serait moins pénible que d'autres. Il arrivait parfois que Miss Bee intervienne et mette un client dehors, coup d'pied au cul. Mais cela était rare car seul l'argent et leur fidélité étaient important.

Dehlia observa le spectacle offert à ses yeux sans pour autant s'attarder sur les visages des clients ou des filles. Elle reconnaissait parfois le rire d'une de ses "collègues" et elle se demandait si elle avait l'air aussi stupide lorsqu'elle pouffait comme une adolescente de 13 ans.. La réponse lui vint aussitôt à l'esprit: Bien sûr qu'elle paraissait stupide! Il le fallait, pour le bien de son image.

Perdue dans ses pensées, Dehlia n'entendit pas Bill le Boucher s'approcher d'elle. Il ne fut donc pas surprenant que la jeune femme tressaillisse lorsqu'elle sentit la dure main de l'homme se refermer sur sa nuque. Dehlia ferma les yeux un instant, elle reconnaissait la poigne du Boucher pour en avoir déjà fait l'expérience. Aucun homme n'avait de mains si fines et fortes à la fois. La prostituée sentit son coeur s'emballer. Elle n'était pas certaine de vouloir s'aventurer une nouvelle fois sur le chemin du Boucher. Ses dernières expériences avaient été dès plus.. Étranges. Dehlia sentit son pouls battre dans les veines de son cou. A cet instant, elle fut presque certaine que l'homme savourait ce battement et elle n'en fut que plus effrayée. Dehlia était professionnelle et tenta de calmer sa nervosité mais l'odeur de sang et de mort accompagnant Bill Poole n'aida pas la jeune femme à se changer les idées.

"Monsieur Poole.." Commença la jeune femme en se tournant vers lui. "Je doute que vous trouviez Emily, elle est occupée en ce moment." Continua-t-elle en jetant un coup d'oeil au plafond, imaginant la prostituée avec l'un de ses habitués.

Elle espérait que cela suffirait, que le Boucher ferait demi-tour et repasserait plus tard.. Mais Dehlia savait bien, au fond, que Bill Poole ne rebroussait jamais chemin.


[Navrée s'il y a des fautes ou autres erreurs, je n'avais pas beaucoup de temps mais très envie de RP quand même ^^"]


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MessageSujet: Re: Entre chair et sang [pv Dehlia]   Lun 14 Nov - 20:56

Pendant un instant, je sens sous ma paume les muscles de la catin se raidit et son pouls s'accélérer. Je vois presque sa pomme d'Adam faire un bond alors qu'elle déglutit avec peine. Je souris encore d'avantage, sentant poindre ce plaisir si malsain d'après mes semblables. La crainte et la réticence que je sens en elle sont, quelque part, ma façon d'entamer les préliminaires...
Mais déjà, si son cœur reste affolé, elle reprend son sang-froid. Dehlia James se retourne lentement vers moi. Ses traits se sont recomposés une expression décente de calme. Mais pas ce regard aguicheur qu'ont toutes les autres putains qui voient arriver un client. Ça, je n'y ai jamais le droit au Green House. Toutes les filles prient plutôt pour que j'en prenne une autre. Je plonge mon regard dans les prunelles chocolat de Dehlia. Pas de bol, ce soir, c'est tombé sur toi !

- Monsieur Poole, je doute que vous trouviez Emily, elle est occupée en ce moment, murmure la jeune femme.

Je lui adresse un franc sourire. Son calme est professionnel, certes, mais ses yeux bruns me supplient en silence d'aller voir ailleurs. Je laisse volontairement planer un silence alors que ma main glisse de sa nuque le long de sa mâchoire. Plus un frôlement qu'une caresse, qui vient s'achever au bout de son menton, que je tiens entre le pouce et l'index comme on le ferait d'un petit enfant impertinent. Je me penche vers elle pour être à sa hauteur, mon visage tout proche du sien.

- Je m'en doute, Miss James. Je l'aurais trouvée si elle était libre. Et c'est bien pour ça que je m'adresse à vous en ce moment même, car vous, vous m'avez l'air d'être seule, en revanche...

Je pourrais presque l'entendre jurer de dépit au fond de son esprit. À première vue, je ne suis pas le pire client de la Bullock, pourtant. Sans être maniaque comme un pied-tendre, je mets un point d'honneur à m'habiller convenablement – c'est-à-dire avec des vêtements propres et relativement bien pliés. Tout comme je ne viens pas au bordel complètement ivre. Aucun intérêt. C'est dans mes plaisirs que je viens trouver l'ivresse. Pour la boisson, il y a le Red Dog. En bref, je suis un client tout à fait respectable. Mais c'est quand une fille a passé une nuit avec moi qu'elle prie tous les saints et ses grands dieux pour que je ne revienne pas. Oh, je ne les bats pas, non – sauf si elles échouent à me satisfaire, c'est pour ça que je les paie ! Elles préféreraient peut-être que je lève la main sur elles, d'ailleurs. Je pourrais peut-être glisser la question à Dehlia ce soir. Elle n'osera sans doute pas se défiler et cela sera pour elle un autre moment d'angoisse...

Tout en me faisant ces réflexions, mon regard glisse des yeux sombres de la Cajun pour mieux détailler le reste de la physionomie de cette femme qui devra me satisfaire cette nuit. Sa peau étrangement pâle laisse entrevoir le lacis des veines au creux de son cou et disparaissant sous les dentelles de sa robe, vers une poitrine modeste mais ferme. Sa taille fine, ses mains nerveuses ne sont pas celles d'une aristocrate mais d'une fille de rien, habituée à se battre et à se vendre. Son visage, encadré par de longues mèches brunes, a repris son expression d'indifférence avenante, si on excepte le tremblement convulsif et presque imperceptible de ses lèvres. Je recommence à la scruter de nouveau. Chez toutes les putains, il y a quelque part un point faible. Et chez Dehlia, je sens qu'il n'est pas si loin que ça de la surface.
Derrière ton regard chocolat, je te lirai, Dehlia. C'est aussi comme ça que je prends mon plaisir. Et tous les masques tombent devant moi.
Elle ne dit toujours rien, cherchant peut-être une échappatoire. Le léger tic fait encore tressauter sa lèvre. Je me penche vivement vers elle, vers cette commissure rebelle qui trahit sa gêne et je l'embrasse fugacement – plus une brève morsure qu'un baiser, toujours sans lui faire de mal, simplement pour sentir sa chair tendre, frémissante, et toutes les promesses qu'elle porte. Profitant de cette proximité, je m'avance vers son oreille, ma main retournant dans son cou :

- Pas la peine de me proposer à boire, j'ai déjà versé mon dû à Bullock de ce côté-là. Par contre, il serait temps de m'emmener à l'étage, vous ne croyez pas ?

Je le murmure sur le ton de la plaisanterie, mais ce n'est pas le moment de jouer les effrontées : il serait plus sûr pour elle qu'elle s'exécute rapidement... De toute façon, elle ne peut pas reculer.

[arf, j'aime bien ta réponse. J'ai même pas pu tenir, il a fallut que je réponde de suite !]
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